La population africaine est jeune, chaque année de nouveaux diplômés sortent de nos universités et autres centres de formations.
Le monde du travail standard n’arrive plus à absorber toute cette jeunesse de plus en plus laisser pour compte.
Certes, nos États avec l’aide de leurs partenaires techniques et financiers tentent de juguler la crise de l’emploi par des alternatives comme l’entrepreneuriat. Toutefois sur terrain, le constat est clair, ces alternatives n’arrivent pas à résorber le problème.
Alors, si j’étais jeune diplômé d’une formation liée à l’agriculture, que ferais-je?
Comment vais-je m’y prendre pour trouver une place dans ce monde du travail très concurrentiel avec mes zéro années d’expériences?
D’aucuns me diront d’aller à la terre, oui je veux bien. Mais je n’ai pas hérité d’une plantation. De plus, mon objectif carrière est de mettre mon savoir-faire au service de ceux qui en ont ou de toutes initiatives ayant un rapport avec le monde agricole.
En un mot je veux faire carrière en tant que conseiller ou consultant agricole dans les cinq prochaines années.
Pour y arriver, il me faut de l’expérience, d’un autre côté, toutes les offres de recrutement en demandent au moins trois pour les juniors.
Ma stratégie sera de tout faire pour me créer ces expériences.
L’idée est d’avoir des expériences pointues et contextualisées de façons à rendre mon profil très intéressant et accrocheur pour les recruteurs.
Le pilier central de ma stratégie sera l’offre de services
Pourquoi l’offre de services ?
Parce que je n’ai pas besoin d’avoir mes propres terres pour y arriver. Tout ce dont j’ai besoin c’est de mettre en pratique mes savoirs et connaissances.
Voici comment je vais procéder,
Dans toutes les villes et campagnes il y a des producteurs, soit ils font de la grosse production soit ils font de l’agriculture péri-urbaine.
Si je suis en ville par exemple je me rapprocherai de ceux qui font le maraîchage. Ils sont souvent organisés en groupement ou coopératives
Je vais leur proposer un deal:
- Être leur conseiller agricole de façons bénévoles sur trois campagnes.
- A la fin de chaque campagne, si leur rendement s’améliore le groupement m’établit une attestation de services fait.
Sachant que je ne leur prendrai rien, ils vont accepter.
Je mettrai en place un petit contrat, pour ficeler le tout.
Après ces dispositions administratives, je me mettrai résolument au travail comme je le ferai si j’étais rémunéré.
A la fin de chaque campagne, je suis persuadé que les rendements seront à la hauteur des attentes de mes employeurs.
Je peux proposer ce deal à deux ou trois organisations paysannes. Ce qui ne fera que multiplier les preuves de mes compétences.
Le clou de ma stratégie
Le but de ce bénévolat étant d’avoir de l’expérience afin de décrocher mon job de rêve, j’utiliserai les réseaux sociaux pour documenter mon parcours.
Pourquoi et Comment?
Aujourd’hui, le tout ne suffit plus d’être bon ou meilleur dans son domaine, il faut le montrer.
Si tu ne le fais pas, les autres le feront et avant que quelqu’un ne se souvienne de toi, de ton expertise, il serait peut-être trop tard. Un médiocre aurait déjà été contacté parce qu’il s’est fait remarquer à force de crier.
Alors, je vais anticiper, et être parmi les plus entendus et remarqués dans mon travail.
Comment vais-je m’y prendre?
Je vais créer une page sur Facebook spécialement dédiée à ces accompagnements. Je profiterai également de Linkedin. Mon profil personnel sur ce réseau servira à mettre en lumière mes activités.
Je partagerai mon histoire, mais surtout les résultats obtenus.
Je réaliserai de courtes vidéos de mes séances de travail avec les agriculteurs et je prendrai soin de montrer l’évolution avant et après mon intervention.
Tout se fera dans une transparence totale.
A la fin de chaque publication je me présenterai avec une petite phrase accrocheuse qui dit ce que je fais et ce que je souhaite devenir.
Ce sera une façon de tisser un lien avec ceux qui me suivent.
Le jour où une opportunité se présentera, mon nom sera le premier à sortir de leur bouche.
Je parie qu’avant 24 mois, une organisation locale ou internationale me contactera pour que je travaille avec eux. Dans le cas contraire, j’aurai de l’expérience tangible à faire valoir auprès des recruteurs.
Comment vais-je vivre en attendant?
Je dois rester focus sur mon objectif carrière. D’un autre côté, il faut que je couvre mes charges.
Je donnerai des cours de répétition aux enfants du quartier ou d’ailleurs.
Les après-midis, ou quand je ne serai pas aux champs, je ferai du taxi-moto pour compléter mes revenus.
Je pourrai même proposer mes services comme intermédiaire de vente.
En un mot, je ne rechignerai sur aucun travail. J’ai même un ami qui a fait aide-maçon et aide-carreleur lors des vacances universitaires. Je ferai comme lui pourquoi pas?
Merci pour ton attention,
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Je suis Cécile Azonhitodé, coach en développement de carrière.
J’accompagne les professionnels insatisfaits à clarifier leur vision, identifier de meilleures opportunités et bâtir une carrière épanouissante.
Spécialiste en marchés publics, j’aide aussi les PME et consultants à trouver et saisir les appels d’offres des institutions internationales.

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